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jeudi 24 octobre 2013

Impressions de Corée - 1ère partie de l'interview de F. Clavairoly



Jusqu'à dimanche, je vous propose de lire l'interview de François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, qui sera présent durant l'Assemblée du COE à Busan, Corée du Sud. Vous découvrirez chaque jour sa réponse à une de nos questions. 
 
CSG : L'assemblée du COE ne sera pas votre première visite en Corée, pouvez-vous nous donner votre impression de ce pays, de la situation politique et aussi dire ce que vous avez pu apprendre concernant la vie des Églises là-bas ?

FC : La Corée est un pays étrange en ce sens qu’il est complètement exotique par rapport à un pays comme la France et en même temps, il lui ressemble beaucoup. C’est un pays exotique car c’est un pays divisé et aussi parce que c’est un pays de tradition confucéenne, bouddhiste et où le christianisme est récent ; le Christianisme a une centaine d’années, à peu près, dans ce pays. En même temps c’est un pays qui ressemble à la France parce qu’il se trouve à l’extrémité d’un continent, avec une histoire et un contexte un peu semblable. Au Nord, la Corée du Nord et à l’Est, pas très loin, le japon, un pays « ennemi », comme la France a connu l’Allemagne et l’Angleterre comme des pays ennemis, comme on les a considérés ainsi pendant longtemps. Donc un entourage perçu comme menaçant et pourtant un entourage de pays avec lesquels la Corée doit vivre. Il y a une sorte de similitude d’histoire très étrange. 

 Pour ce qui est des chrétiens, j’avoue que j’ai été très impressionné par la rapidité avec laquelle les Églises se sont développées après des missions anglaise, écossaise puis plus tard des missions américaines. Ce protestantisme est devenu un protestantisme militant, assez conquérant, assez marqué par la tradition de l’Évangélisation – une tradition d’ailleurs qu’il avait reçue de ces premiers missionnaires – à tel point que c’est une bonne part de la société coréenne qui est devenue chrétienne et protestante en particulier. Alors ce qui me frappe, c’est le dynamisme de ces paroisses, paroisses qui sont devenues très nombreuses, dans la capitale, notamment, à Séoul mais aussi à Busan, avec quasiment des entreprises paroissiales comprenant des dizaines de salariés, des dizaines de pasteurs, ce qui est quelque chose d’assez impressionnant pour le petit protestantisme français. 

Questions de Jane Stranz,
Réponses recueillies par Claire Sixt Gateuille

lundi 14 octobre 2013

Une famille, une expérience et un élan - les attentes de Laurent Schlumberger quant à l'assemblée de Busan - interview 2ème partie



Laurent Schlumberger, Président de l'EPUdF
Aujourd'hui, suite de l'interview de Laurent Schlumberger, à propos de ses attentes. 

CSG : Nous sommes donc à trois semaines de l’Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises à Busan, en Corée du Sud. Vous y serez présent en tant que délégué de l’Eglise Protestante unie de France, quelles sont vos attentes vis-à-vis de cette Assemblée ? 


LS : Eh bien, j’en attends trois choses. J’attends d’abord que ce soit une fête, une vraie fête. Il y a des milliers de personnes qui viennent de partout, qui se réjouissent de venir ; il y a un côté « grand Happening », enfin, une espèce de grand rassemblement où plein de choses se passent. J’attends donc que ce soit une vraie fête, et une fête de famille, puisque tous les sept ans, à peu près, les membres de la famille œcuménique, appelés et invités par le Conseil œcuménique se retrouvent. J’attends que cette fête de famille soit créatrice de confiance. Dans les fêtes de famille, on ne connait pas forcément tous les cousins, mais on relie les histoires des uns et des autres, le passé, on prend connaissance des projets d’avenir. Ça c’est la première chose que j’attends : une fête de famille créatrice de confiance. 


La deuxième chose que j’attends – et elle est un peu plus importante – c’est que j’attends de cette assemblée une expérience spirituelle personnelle. C’est-à-dire que je vais rencontrer beaucoup de gens, et j’attends que ces rencontres soient des rencontres en vérité. Des rencontres authentiques, pas des rencontres avec seulement des responsables d’Eglises qui seront là à ce titre ; et d’ailleurs il y aura des gens qui seront à des titres très divers, très variés, à l’Assemblée. Dans la rencontre avec des frères et des sœurs, j’attends d’être surpris, déplacé, enrichi, nourri spirituellement. 


Et puis la troisième chose que j'attends, et qui est plus liée à l'événement proprement dit, au fait que c'est une assemblée du Conseil œcuménique, c'est un élan et une union "élargie", si je puis dire, pour un témoignage renouvelé. La question de la mission, du témoignage, de l'évangélisation, appelons ça comme on veut, est la grande question, sans doute – ou une des grandes questions – qui est au cœur de la vie du mouvement œcuménique et devant lui. Et de cette fête de famille et de cette expérience spirituelle, j’attends qu’elle donne un élan pour que nous puissions mieux être témoins là où nous sommes. 


réponse recueillie par Jane Stranz et Claire Sixt Gateuille

photo (c) Jane Stranz